Résultat Net, la performance pour l’actionnaire

  1. résultat net

Le résultat net est la dernière ligne du compte de résultat.

Pour calculer le résultat net, partant du Résultat Opérationnel, il faut encore soustraire les coûts non opérationnels, c’est-à-dire non spécifiques à l’activité :
– les coûts financiers nets
– l’impôt sur le bénéfice.

 

Les coûts financiers nets

L’adjectif « financier » a deux sens très différents.

1. En général dans l’entreprise, financier veut dire qui concerne la finance d’entreprise : données financières, contrôleur financier, etc. On est proche du mot gestion, mais avec une connotation un peu plus noble.

2. Dans les comptes, l’adjectif financier veut dire qui concerne le marché financier et les banques, avec deux grandes applications :

  • les dettes financières, c’est-à-dire les dettes bancaires et les obligations émises par l’entreprise,
  • les actifs financiers.

 

Les actifs financiers comprennent :

  • la trésorerie et les placements à court terme,
  • les immobilisations financières.

 

Les immobilisations financières comprennent :

  • les titres détenus de façon durable par l’entreprise, par exemple les actions des filiales détenues par la société mère;
  • les prêts durables consentis par l’entreprise, par exemple par une société mère à ses filiales;
  • les dépôts et cautionnements.

 

Les coûts financiers nets se réfèrent au deuxième sens. Ce sont les coûts et les revenus liés aux dettes financières et aux actifs financiers :
. les intérêts payés sur les dettes financières nets des intérêts reçus et des plus-values sur les placements
. moins les dividendes reçus
. plus les dévalorisations (et moins les revalorisations) éventuelles des immobilisations financières.

 

A cela s’ajoute la perte (ou le gain) de change, c’est-à-dire la différence défavorable (ou favorable) entre la valeur comptabilisée d’une vente ou d’un achat facturé en devise et la valeur effectivement réglée, du fait de la variation du taux de change entre le jour de la facture et celui du règlement.

 

Ces coûts et ces revenus ne sont pas opérationnels. Ils ne sont pas directement liés à l’activité de l’entreprise. Ils sont liés à son financement, à ses investissements financiers et à l’évolution des taux de change.

Impôt sur les résultats

Quand on a soustrait du résultat opérationnel les coûts financiers nets, on arrive au résultat avant impôt. Pour l’essentiel à savoir, l’impôt sur les bénéfices est un pourcentage du résultat avant impôt. Le taux en France est de 33.33%.
Dans les groupes internationaux, la somme des impôts dus dans chaque pays peut être ajustée par l’impôt différé. Cet ajustement provient pour l’essentiel des différences entre les normes comptables du groupe et les normes comptables et fiscales des différents pays.

 

Pour une société qui suit les normes internationales IFRS, une  fois soustrait l’impôt sur les résultats, on est arrivé à la dernière ligne : le résultat net.

 

Cas particulier des groupes

Dans les comptes d’un groupe, dits comptes consolidés, il reste encore deux lignes du compte de résultat :
– les résultats des sociétés mises en équivalence sont ajoutés pour compléter le résultat net de l’ensemble consolidé
– les intérêts minoritaires sont soustraits pour calculer le résultat net part du groupe.

Sociétés mises en équivalence

Quand la participation du groupe dans une société ne lui permet pas le contrôle mais qu’il y exerce une influence notable, cette société est mise en équivalence.
Pour le calcul du résultat net, cela se traduit ainsi. Le compte de résultat de la société n’est pas pris en compte ligne à ligne. Il faut donc ajouter la part du résultat net de cette société (profit ou perte) qui revient au groupe, au prorata de la participation du groupe dans cette société, à la ligne qui s’appelle « résultat des sociétés mises en équivalence ».

 

Intérêts minoritaires

Les filiales placées sous le contrôle exclusif du groupe sont consolidées en intégration globale. On prend d’abord le compte de résultat de la filiale dans son intégralité pour le calcul du résultat net de l’ensemble consolidé. Si la filiale est détenue en partie par des actionnaires minoritaires, il faut soustraire les intérêts minoritaires pour calculer la part du résultat net du groupe qui revient à ses actionnaires, c’est-à-dire à ceux de sa maison mère. Pour cela, on déduit du résultat net consolidé la part du résultat net de cette filiale (profit ou perte) qui revient aux minoritaires, au prorata de leur participation dans le capital de la filiale.

 

En résumé

En résumé, on appelle le bas du compte de résultat le passage du résultat opérationnel au résultat net (le bleu pour une société, plus le noir pour un groupe) :

RÉSULTAT OPÉRATIONNEL
– coûts financiers nets
– impôt sur les bénéfices
+ résultat des sociétés mises en équivalence
RESULTAT NET DE L’ENSEMBLE CONSOLIDÉ
– intérêts minoritaires
RÉSULTAT NET PART DU GROUPE

 

 

 

Gain définitivement acquis

Au-delà de ces formules de calcul, quel est le sens, la raison d’être du résultat net ? A quoi sert-il ?

 

Il représente le gain considéré comme acquis par l’entreprise sur la période.

 

Pour comprendre ce concept, je vous invite à imaginer un petit commerçant propriétaire de son magasin. Le résultat net d’une journée n’est pas l’argent qu’il a gagné en caisse, même si tout ce qu’il paie sort de la caisse, en supposant qu’il n’a pas de compte en banque. Son résultat net c’est l’argent qu’il pourrait prendre dans la caisse. Celui qui lui revient de droit car en tant que propriétaire il constate qu’il a fait sur la journée un gain qu’il peut considérer comme acquis.

 

Ce serait le montant des ventes moins le prix d’achat des produits vendus, moins une provision pour la marchandise abîmée ou volée, moins toutes les charges de fonctionnement du magasin ramenées à la journée, moins l’amortissement de ses biens matériels (local, informatique, …) ou immatériels (fonds de commerce), moins les intérêts bancaires s’il a pris un emprunt, moins 33% d’impôt sur les bénéfices.

 

Retombons sur terre. Notre petit commerçant n’est pas censé se servir dès ce soir, car le paiement aux actionnaires des dividendes se fait une fois par an, dans des conditions très réglementées.

 

Cependant, l’image nous permet de bien saisir la différence entre les mouvements d’argent d’une période, encaissements et décaissements, et le résultat : le gain calculé comme définitivement acquis sur la période.

 

 

Richesse créée par l’entreprise

 

Ce gain considéré comme acquis sur la période est la richesse créée par l’entreprise. Il revient de droit à ses propriétaires, les actionnaires, et vient donc dans un premier temps augmenter au bilan la valeur des capitaux propres. En effet, les capitaux propres représentent la valeur comptable de la participation des actionnaires dans l’entreprise.

 

Dans un deuxième temps, en assemblée générale annuelle, les actionnaires votent l’affectation de ce résultat net entre :
– ce qui leur est versé sous forme de dividendes,
– la part laissée dans les capitaux propres de l’entreprise au titre des réserves.

 

Attention, les capitaux propres ne sont pas de l’argent disponible en banque à un  instant t. C’est la valeur, depuis la création de l’entreprise, du capital que les actionnaires ont apporté et des résultats nets accumulés, moins les dividendes que les actionnaires ont perçus.

 

Quand on dit que le résultat net laissé en réserve permet d’investir, on dit simplement qu’une partie de la richesse créée est restée dans l’entreprise au lieu de partir en dividendes. Mais pour faire correctement le lien entre le résultat net et la capacité d’investissement, il faut regarder le tableau des flux de trésorerie.

 

 

Résultat net par action et « Price Earning Ratio »

Le résultat net est le gain considéré comme acquis, la richesse créée par l’entreprise sur la période, compte tenu non seulement de la performance opérationnelle traduite dans le résultat opérationnel, mais aussi de ses coûts financiers nets, de l’impôt sur les résultats et des ajustements pour les groupes pour tenir compte des sociétés influencées mais non contrôlées (mises en équivalence) et de la part du résultat de l’ensemble consolidé qui ne revient pas au groupe (intérêts minoritaires).

 

C’est la performance finale pour les actionnaires. Le résultat net leur revient de droit. Ils  décident en assemblée générale quelle part éventuellement laisser dans les réserves de l’entreprise pour financer la croissance et l’optimisation de la valeur de l’entreprise, et quelle part s’attribuer sous forme de dividendes.

 

On calcule le résultat net par action (« earnings per share ») et on le compare au cours de l’action. Le PER ou « price earning ratio » est le ratio cours de l’action / bénéfice par action. Il représente le nombre d’années de bénéfice actuel que l’actionnaire accepte de payer pour l’action. Il n’a de sens que par comparaison du ratio des entreprises d’un même secteur d’activité.

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