Jeu d’entreprise pour séminaire

Entretien avec Bruno Cadudal, DG d'Atlantem Industries

  1. jeu d'entreprise

Entretien avec Bruno Cadudal sur le jeu d’entreprise

Tu diriges Atlantem Industries* depuis 2002. En 15 ans, le CA est passé de 35 M€ à 126 M€. Pour ton forum encadrement annuel, tu nous as demandé de trouver un jeu d’entreprise pour mettre tes cadres en situation de comité de direction.

Tout d’abord, peux-tu nous rappeler ce que tu entendais par jeu d’entreprise ?

Les participants sont répartis en plusieurs équipes qui représentent autant d’entreprises concurrentes qui, partant de la même situation, vont évoluer différemment, avec plus ou moins de succès, en fonction de leurs décisions. Chaque tour de jeu représente une période. A chaque tour de jeu, des décisions pour mettre en oeuvre une stratégie sont saisies dans un logiciel, qui va restituer, en fonction des décisions de l’ensemble des entreprises concurrentes, des résultats en termes de part de marché et de rentabilité. A la fin du jeu, chaque équipe vient exposer aux autres l’essentiel de son parcours et les leçons qu’elle en tire.

 

Quel était ton but avec ce jeu d’entreprise ?

Il s’agissait, dans la suite logique de notre forum de l’année dernière où nous avons organisé une conférence sur l’entreprise libérée, de continuer à progresser vers un encadrement qui se sent co-dirigeant de l’entreprise. Je trouvais intéressant de mettre les membres de l’encadrement en situation de membre d’un codir sur des décisions stratégiques, en leur faisant toucher du doigt que :

  • On ne peut fonctionner qu’en équipe, le commercial tout seul n’a pas raison; la production toute seule n’a pas raison; c’est dans la synthèse du regard de chaque métier que se construit la bonne décision pour l’entreprise.
  • Tout le monde peut se tromper, mais on peut se rattraper.
  • Il faut se dire les choses.
  • Il faut se battre.
  • Plus on prend d’engagements financiers, plus on doit rendre des comptes.

 

Comment l’idée d’un jeu d’entreprise t’est-elle venue ?

J’ai fait un jeu de ce type à l’ICG il y a des années, et il a été pour moi très révélateur de ce que diriger veut dire. J’ai pensé que c’était le bon moment, pour accompagner notre forte stratégie de croissance, d’offrir ce type d’expérience à mes équipes.

 

As-tu été satisfait du déroulement ?

Franchement, oui, c’était super. Bon, je suis un fan de ce type de jeu, donc je ne suis pas forcément objectif. Mais tout le monde s’est impliqué, et surtout mon but a été atteint avec un moment fort d’ouverture, de prise de conscience et de jeu d’équipe.
Chacun a pris conscience de la complexité des décisions stratégiques au quotidien. Définir une stratégie n’est pas le plus difficile. Le plus difficile, c’est de réussir sa mise en oeuvre. De prendre des décisions alors qu’on n’a jamais toutes les informations sur le marché ou sur les concurrents. Il ont pris conscience aussi du fort niveau d’expertise de leurs collègues des autres métiers. Que diriger nécessite de bien conjuguer ces expertises. En même temps, que décider peut être parfois simple : le prix des matières augmente pour tous ? Pas besoin de faire des tonnes d’analyse : puisque nos concurrents sont dans la même situation, on répercute cette hausse sur les prix de vente. Et surtout, ils ont eu envie de gagner ! Chaque équipe s’est investie avec son style – les calmes, les compétitifs, les créatifs – mais sur cinquante participants, il n’y en n’a pas eu cinq qui se sont dits que ce n’était pas vraiment leur truc. J’ai été frappé par l’atmosphère de grande cohésion à l’intérieur de chaque équipe, presque fusionnelle parfois. J’ai pu les féliciter pour cet esprit d’équipe et leur rappeler cependant l’importance de l’expression des désaccords et de l’engagement individuel.

 

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Et au-delà de la satisfaction à chaud, quels résultats en attends-tu ?

Que les cadres se sentent co-dirigeants de l’entreprise. Qu’ils m’apportent de plus en plus de projets pour faire évoluer leur métier.

 

Quels sont selon toi les facteurs clés de succès de ce type de jeu ?

A mon avis, les points majeurs pour réussir ce type de jeu sont :

  • La constitution des équipes dont nous nous sommes chargés. Il faut tenir compte des personnalités pour qu’il y ait émulation et envie de gagner sans excès de tensions, et faire en sorte que les différents métiers soient représentés dans chaque équipe.
  • Le jeu lui-même : suffisamment simple pour pouvoir être joué sur une période plus courte qu’en école de management, mais pas trop non plus pour montrer que la réalité est « multifactorielle », et que la construction d’un avantage compétitif se fait dans la durée. Pas besoin de coller à l’activité de l’entreprise, au contraire le détour par une autre activité facilite l’apprentissage des essentiels.
  • La préparation avec toi et ton partenaire du scénario d’évolution de la conjoncture.
  • L’animation, dans ses aspects techniques – le contrôle rapide des données saisies, l’assistance aux équipes pour l’analyse des résultats – et dans la gestion de la dynamique du groupe, en particulier lors du lancement.
  • La séquence de créativité le soir pour permettre à d’autres talents et envies de s’exprimer.

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Le mot de la fin ?

Je ne peux que répéter : ouverture, prise de conscience, jeu d’équipe.

 

 

 

 

 

Aller plus loin : jeu d’entreprise ou  jeu pour entreprise

de type jeu de plateau ?

 

 

 

* – Atlantem Industries est la branche Menuiserie industrielle du groupe Herige, dont Bruno Cadudal est membre du directoire.

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