Conseil n°2 : déterminez votre vocabulaire financier

  1. vocabulaire financier

Vous êtes le patron, le financier ou le responsable de la communication interne d’un périmètre opérationnel. Suivez nos conseils pour mieux parler finance aux non-financiers.

Conseil n°2 : déterminez votre vocabulaire financier

Le vocabulaire financier de votre entreprise est-il clair pour tous ?

Beaucoup de synonymes

Le résultat opérationnel, l’EBIT, la marge op, l’OI, la MOP, le ROC, l’operating margin, l’operating profit… Les capitaux propres, les fonds propres, la situation nette, l’equity, la net equity, la shareholder’s equity…

 

Chaque métier a son jargon, mais je crois que nous les financiers d’entreprise, sommes les champions des synonymes.

 

2015_12_Conseil_2 copy

 

Donc, choisir un nom pour chacun des indicateurs clés, et s’assurer qu’il est désormais utilisé par tous. Commencez par faire adopter votre vocabulaire financier par le comité de direction et les financiers. Puis, faites le respecter dans toute la communication financière interne : tableau de bord, présentation budgétaire, revue mensuelle des résultats, etc

 

Français ou anglais ?

J’ai mis assez longtemps à prendre au sérieux les demandes de vocabulaire en français. Je les prenais comme la marque d’une rébellion chauvine un peu désuète.  Quelque chose que je pouvais comprendre mais qui ne me semblait pas appeler de réponse sérieuse.

Je me disais : »De toute façon, le vocabulaire financier est technique. Que les mots soient en anglais, en français ou en japonais, il faut en connaître la définition. »

 

L’expérience m’a appris que j’avais tort : utiliser un vocabulaire en français est vertueux.

D’abord, parce que ceux qui rejettent l’anglais réagissent souvent plus à un sentiment d’être tenus « hors du coup » qu’à un chauvinisme mal placé. Ils rejettent un langage qu’ils ne maîtrisent pas alors que la plupart des cadres le connaissent. Cela peut accentuer un sentiment d’être peu impliqué dans l’amélioration continue de l’entreprise. Peu impliqué veut dire peu invité à participer et/ou peu concerné.

S’agissant de mobiliser et d’impliquer les équipes dans l’optimisation des résultats économiques de l’entreprise, tout geste qui va vers ceux qui se sentent peu impliqués plutôt que contre eux, est constructif.

 

Un vocabulaire financier en français porte mieux le sens des mots

Les mots ont un sens. Utiliser un mot en français dans un discours en français aide à une définition « en compréhension », qui permet d’ancrer dans un système de représentation le sens de cet indicateur, plutôt qu’une définition « en extension », qui va uniquement proposer de mémoriser la formule de calcul, la liste des éléments qui le constituent.

 

Par exemple :

  • définition « en compréhension » : le mot « marge opérationnelle » donne le sens d’une marge calculée comme les ventes moins les coûts liés aux opérations, c’est-à-dire à l’activité de l’entreprise, par opposition aux coûts qui présentent la même problématique quelque soit l’activité : intérêts et impôt sur les bénéfices; il dit par son nom qu’il s’agit de l’indicateur clé de la performance opérationnelle de l’entreprise, c’est-à-dire de sa performance dans son activité;
  • définition « en extension » : l’acronyme « EBIT » (Earnings Before Interest and Tax) invite à mémoriser qu’il reste encore à prendre en compte les intérêts et l’impôt sur les bénéfices après la marge opérationnelle.

Les formules et acronymes sont utiles, mais uniquement comme compléments à des définitions qui font sens.

 

Implication, mots qui portent leur sens : deux raisons d’utiliser des mots en français.

Pour une entreprise dont la langue officielle est le français, la conclusion est claire.

 

Mais comment faire dans une entreprise dont la langue officielle est l’anglais, et donc dont le vocabulaire financier officiel du reporting est en anglais : comment choisir, entre la cohérence avec le discours du comex et l’intelligibilité ?

 

A mon avis, dans ces entreprises, le mieux est de distinguer deux populations :

  • avec les cadres, utiliser le vocabulaire officiel anglais, en donnant la traduction en français entre parenthèses;
  • avec les non-cadres, utiliser un lexique français, en mettant les mots officiels anglais entre parenthèses et entre guillemets.

Et bien sûr, dans les communications à tous, parler à tous comme aux non-cadres.

 

Illustration en haut de l’article : Teoz.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *